Rupture conventionnelle 2026 : attention aux nouvelles règles

Rupture conventionnelle 2026 : nouvelles règles, indemnités et chômage

La rupture conventionnelle, c’est le mode de rupture du contrat de travail où l’employeur et le salarié se mettent d’accord à l’amiable pour se séparer, sans que ce soit ni une démission, ni un licenciement. Un terrain d’entente, en quelque sorte, avec des indemnités et (sous certaines conditions) un accès au chômage à la clé.

Et justement, ce dispositif change de visage en septembre 2026, avec plusieurs nouveautés qui concernent aussi bien les salariés que les employeurs. Entre les indemnités de rupture et les règles d’indemnisation chômage, plusieurs changements sont venus rebattre les cartes.

Forcément, cela soulève pas mal de questions. Peut-on toujours bénéficier du chômage après une rupture conventionnelle ? Comment calculer son indemnité de départ ? Quelles sont les nouvelles obligations pour les employeurs ? En tant que Consultante RH et accompagnant les entreprises depuis plus de xx ans, je vous dis tout ce qu’il faut savoir sur la rupture conventionnelle en 2026, pour préparer votre départ (ou accompagner celui d’un salarié) dans les meilleures conditions.

Rupture conventionnelle 2026 : qu’est-ce qui change ?

Une contribution patronale plus élevée depuis janvier 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la contribution patronale spécifique sur la part des indemnités de rupture conventionnelle exonérée de cotisations sociales est passée de 30 % à 40 %. Une hausse de dix points qui n’a rien d’anodin : elle vient directement augmenter le coût de ce dispositif pour les entreprises, et pourrait bien inciter certains employeurs à réfléchir à deux fois avant de proposer une rupture conventionnelle plutôt qu’une autre solution…

Concrètement, cela signifie que pour chaque euro versé au salarié au titre de l’indemnité de rupture, la part que l’entreprise doit reverser à l’Urssaf est plus importante qu’auparavant. 

De nouvelles règles d’indemnisation chômage depuis septembre 2026

Deuxième changement, et celui-ci concerne directement les salariés. Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation chômage après une rupture conventionnelle individuelle a été revue à la baisse (on vous en parle juste après en détails). Les nouvelles règles varient selon l’âge du salarié, et ce n’est pas un détail : cela peut changer pas mal de choses dans la façon de préparer son projet professionnel après le départ.

Bonne nouvelle malgré tout : ces évolutions ne remettent pas en cause le principe même de la rupture conventionnelle. Salarié et employeur doivent toujours se mettre d’accord ensemble sur les conditions de la rupture du CDI.

Rupture conventionnelle et chômage en 2026 : quels sont vos droits ?

Peut-on toujours toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?

Oui, la rupture conventionnelle ouvre toujours droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), à condition bien sûr de remplir les critères d’éligibilité fixés par France Travail. Contrairement à une démission classique, elle est considérée comme une privation involontaire d’emploi, même si le départ résulte d’un accord entre le salarié et son employeur.

Concrètement, pour percevoir les allocations chômage, il faut avoir travaillé suffisamment longtemps au cours de la période de référence (6 mois ou 130 jours sur les 24 derniers mois), être inscrit à France Travail et prouver qu’on recherche activement un emploi. Quant au montant de l’ARE, il est calculé à partir des rémunérations antérieures, primes comprises.

Quelle est la nouvelle durée d’indemnisation selon votre âge ?

C’est la question qui revient forcément le plus. En France métropolitaine, voici les nouveaux plafonds à connaître :

  • Moins de 55 ans : la durée passe à 15 mois maximum, contre 18 mois avant la réforme.
  • 55 ans et plus : place à un plafond unique de 20,5 mois, là où les 55-56 ans bénéficiaient jusque-là de 22,5 mois, et les 57 ans et plus de 27 mois.

Bonne nouvelle tout de même pour les salariés de 55 ans et plus : ils peuvent demander une prolongation de leurs droits auprès de France Travail. Attention, elle n’est pas automatique : tout dépend des démarches entreprises pour retrouver un emploi ou mener à bien un projet professionnel.

Quel délai pour toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?

Petit point important que les salariés ne savent pas toujours : le versement des allocations chômage ne commence pas forcément dès la fin du contrat de travail !  Plusieurs délais peuvent s’appliquer et se cumuler :

  • Le délai de carence de 7 jours, appliqué par France Travail suivant votre inscription.
  • Le différé lié aux congés payés, lorsque le salarié perçoit une indemnité compensatrice pour des congés non pris.
  • Le différé spécifique d’indemnisation, lorsque l’indemnité de rupture conventionnelle dépasse le montant minimal prévu par la loi.

Ce dernier point mérite qu’on s’y attarde, surtout au moment des négociations. Car oui, une indemnité de départ plus élevée peut entraîner un report du premier versement des allocations chômage. Mieux vaut donc anticiper cette période sans revenus de remplacement et l’intégrer dès maintenant dans la gestion de son budget.

Pour y voir plus clair, vous pouvez utiliser le simulateur de France Travail, qui permet d’estimer le montant de vos allocations ainsi que la date prévisionnelle de votre premier versement.

Indemnité de rupture conventionnelle 2026 : calcul et fiscalité

Quel montant peut-on espérer percevoir lors d’une rupture conventionnelle en 2026 ? Si les règles de calcul de l’indemnité minimale restent inchangées, la hausse de la contribution patronale modifie le coût de ce dispositif pour les entreprises. Salariés comme employeurs ont donc intérêt à bien comprendre les montants en jeu avant d’entamer une négociation.

Comment calculer son indemnité de rupture conventionnelle ?

Le montant de l’indemnité dépend principalement de deux critères : l’ancienneté du salarié dans l’entreprise et son salaire de référence. Et attention, il ne peut pas être inférieur à l’indemnité légale de licenciement, ou au minimum conventionnel applicable lorsque celui-ci est plus favorable.

Pour calculer l’indemnité légale minimale, voici la règle à retenir :

  • Un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années.
  • Un tiers de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la onzième année.

Prenons un exemple concret : un salarié qui perçoit 2 500 € bruts par mois et possède huit ans d’ancienneté touchera une indemnité minimale de 5 000 € (2 500 € × 1/4 × 8).

Cette indemnité légale minimale se retrouve exonérée de cotisations sociales. Mais gardez en tête que ce montant n’est qu’une base de négociation : employeur et salarié peuvent tout à fait s’accorder sur une indemnité supérieure. La part supplémentaire au barème légal sera quant à lui soumis à cotisations sociales.

Une contribution patronale de 40 % : quel coût pour l’employeur ?

Comme expliqué plus haut, depuis le début de l’année 2026, la contribution patronale spécifique sur la part des indemnités de rupture conventionnelle exonérée de cotisations sociales est passée de 30 % à 40 %. 

Prenons l’exemple d’une indemnité de rupture conventionnelle de 10 000 €, intégralement exonérée de cotisations sociales (minimum légal). En 2025, l’employeur devait s’acquitter d’une contribution patronale de 3 000 €, soit un coût total de 13 000 €. En 2026, cette contribution atteint 4 000 €, portant le coût total à 14 000 €.

Cette évolution peut peser sur les négociations, notamment lorsque le salarié souhaite obtenir une indemnité supérieure au minimum légal.

Comment obtenir une rupture conventionnelle en 2026 ?

Les conditions à remplir et les étapes de la procédure

La rupture conventionnelle individuelle concerne les salariés en CDI, sous réserve, bien sûr, de l’accord de leur employeur. Bonne nouvelle côté simplicité : la demande peut être formulée oralement ou par écrit, sans obligation de justifier les raisons du départ.

Une fois les deux parties disposées à négocier, la procédure se déroule en plusieurs étapes :

  1. L’entretien préalable : au moins un entretien doit être organisé pour discuter des conditions du départ, notamment du montant de l’indemnité et de la date de fin du contrat.
  2. La signature de la convention : une fois les conditions négociées, l’employeur et le salarié signent la convention de rupture. Un exemplaire doit obligatoirement être remis au salarié.
  3. Le délai de rétractation : chaque partie dispose de 15 jours calendaires, à compter du lendemain de la signature, pour revenir sur sa décision.
  4. L’homologation administrative : à l’issue du délai de rétractation, la convention est transmise à l’administration, qui dispose de 15 jours ouvrables pour l’examiner. Et petite subtilité à connaître : en l’absence de réponse dans ce délai, elle est considérée comme homologuée.

La rupture du contrat peut intervenir au plus tôt le lendemain de l’homologation, le plus souvent dans un délai de 6 semaines suivant la convocation à l’entretien préalable. Autre point à ne pas négliger : contrairement à une démission ou à un licenciement, aucun préavis légal n’est imposé ici. La date de départ se fixe d’un commun accord, en toute liberté.

Un employeur peut-il refuser une rupture conventionnelle ?

Oui, et c’est même la base du dispositif : la rupture conventionnelle repose sur le consentement mutuel. L’employeur est donc tout à fait libre de refuser la demande d’un salarié, tout comme ce dernier peut refuser une proposition venant de son entreprise. Personne ne peut imposer ce mode de rupture à l’autre.

En cas de refus, rien n’est perdu pour autant : employeur comme salarié peuvent tenter de rouvrir le dialogue pour trouver un terrain d’entente. Date de départ, montant de l’indemnité, organisation de la transition… il y a souvent matière à discuter.

En cas de désaccord, mieux vaut ne pas rester seul face à la négociation. Le salarié peut se faire accompagner lors de l’entretien par un représentant du personnel ou un représentant syndical, à condition d’en informer l’entreprise par courrier avant la rencontre. Un vrai plus pour sécuriser les échanges et éviter toute pression ou abus (mieux vaut prévenir que guérir !).

Et si, malgré tout, aucun accord n’est trouvé ? La rupture conventionnelle n’a tout simplement pas lieu, et le contrat de travail se poursuit comme avant.

Quels points vérifier avant de signer ?

Une rupture conventionnelle engage les deux parties, et ça se prépare, pas question de signer les yeux fermés. Avant de mettre votre paraphe en bas de la page, plusieurs éléments méritent d’être passés au crible pour éviter les mauvaises surprises :

  • Le montant de l’indemnité : s’assurer qu’il respecte le minimum applicable et correspond bien aux conditions négociées.
  • La date de départ : prévoir un calendrier compatible avec les délais légaux et les éventuels projets professionnels du salarié.
  • Les congés payés : vérifier le nombre de jours restants et le montant de l’indemnité compensatrice éventuellement due.
  • Les droits au chômage : estimer le montant des allocations, leur durée et les éventuels différés d’indemnisation.
  • La convention collective : vérifier si elle prévoit des dispositions plus favorables concernant l’indemnité de rupture.

Dernier réflexe à avoir, et non des moindres : s’assurer que toutes les conditions négociées figurent bien noir sur blanc dans la convention, et que chaque partie reparte avec son exemplaire signé. À la fin du contrat, l’employeur devra également remettre au salarié son certificat de travail, son attestation France Travail et son solde de tout compte.

D’autres questions courantes sur la rupture conventionnelle 

Peut-on faire une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?

Oui, c’est tout à fait possible ! Un arrêt maladie ne bloque en rien la signature d’une rupture conventionnelle, que ce soit à l’initiative du salarié ou de l’employeur. La procédure reste exactement la même : entretien préalable, signature de la convention, délai de rétractation, puis homologation.

Petite nuance à connaître tout de même : en cas d’arrêt lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle, la jurisprudence est un peu plus stricte. Il en va de même pour les salariés au statut protégé (les représentants du personnel, femmes enceintes ou au retour de leur congé maternité). La rupture conventionnelle reste possible, mais elle ne doit surtout pas servir à masquer un licenciement déguisé ou contourner les protections propres à ce type d’arrêt. En cas de doute, mieux vaut se faire accompagner avant de signer quoi que ce soit.

Est-il possible de faire une rupture conventionnelle en CDD ?

Non, et c’est un point qu’on nous demande souvent ! La rupture conventionnelle, telle qu’on la connaît, est réservée aux salariés en CDI. Impossible donc d’y avoir recours dans le cadre d’un CDD.

Peut-on négocier une indemnité supérieure au minimum légal ?

Absolument, et c’est même très courant ! Le montant légal (ou conventionnel s’il est plus favorable) ne constitue qu’un plancher, pas un plafond. Rien n’empêche le salarié et l’employeur de s’entendre sur une somme plus généreuse.

Dans les faits, plusieurs éléments peuvent jouer en faveur d’une négociation à la hausse : l’ancienneté, un contexte particulier (restructuration, mésentente, situation personnelle…), ou encore la volonté de l’employeur de sécuriser un départ rapide et sans accroc. Un salarié bien préparé, qui connaît ses droits et arrive avec des arguments solides, a clairement plus de poids dans la discussion.

Petit bémol à garder en tête : au-delà d’un certain montant, l’indemnité perd ses avantages sociaux et fiscaux. Autrement dit, plus elle grimpe, moins elle est exonérée de cotisations et d’impôt sur le revenu. Un point à anticiper pour éviter les mauvaises surprises côté net perçu.

 

Anaïs Murard